Sources Chrétiennes

Programme de recherche pour l'édition des textes chrétiens anciens

Laboratoire de recherche en théologie patristique

Laboratoire de recherche en théologie patristique

Ce laboratoire réunit des chercheurs de la Faculté de théologie de l'Université catholique de Lyon et des chercheurs de l'Institut des Sources Chrétiennes.

Il se consacre actuellement à la thématique de l'Image parfaite.

Le travail de recherche a commencé en 2013 et se développera jusqu’en 2018 au rythme de trois à cinq après-midi de travail par année universitaire. Il se clôturera par une journée d’étude ou un colloque en fonction des résultats obtenus.

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L'équipe se compose par ordre alphabétique de :

Elie Ayroulet (Faculté de théologie et faculté de Lettres modernes - UCLy)
Pablo Argarate (Université de Graz, Autriche)
Guillaume Bady (Sources Chrétiennes, Faculté de théologie - UCLy)
Catherine Broc-Schmezer (Université Lyon III)
Stéphane Gioanni (Université Lumière-Lyon II)
Dominique Gonnet (Sources Chrétiennes)
Paul Mattei (Augustinianum, Sources Chrétiennes)
Laurence Mellerin (Sources Chrétiennes, Faculté de théologie - UCLy)
Bernard Meunier (Sources Chrétiennes, Faculté de théologie - UCLy)
Olivier Peyron (Faculté de théologie - UCLy)
Jean Reynard (Sources Chrétiennes)

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Détail de la thématique :

En Col 1, 15, il est dit du Christ qu’ « il est l’image du Dieu invisible ». Nous savons que les Pères interprétèrent cette affirmation de deux manières comme désignant soit le Verbe (Logos) divin préexistant, soit le Verbe fait chair[1][1]. A travers ces deux courants d’interprétations apparaissait en filigrane le lien entre christologie et anthropologie que ce verset de l’épître aux Colossiens amène à interroger. Ajoutons que les Pères ont aussi rapidement rapporté la notion d’image appliquée au Fils à son rapport au Père. Autrement dit, elle a été envisagée du point de vue de la question trinitaire. On constate par exemple que chez Athanase, la notion d’ « image parfaite » est rapportée à celle d’homosousios.

Tout cela a déjà fait l’objet d’études. Nous voudrions, dans le cadre de ce laboratoire de recherche, interroger la notion d’ « Image parfaite » appliquée au Christ du point de vue de ses répercussions anthropologiques. Car en effet, la manière de penser le Christ a des conséquences sur la manière de penser l’homme, non seulement du point de vue de la création (l’homme créé à l’image de l’Image), mais aussi du point de vue de l’Incarnation puisque par elle le Verbe a assumé la nature humaine. Ce que nous voyons réalisé dans le Christ, c’est la vérité de l’homme, la plénitude de l’essence humaine. Cela est d’autant plus vrai depuis que la nature humaine se trouve corrompue à cause du péché des origines et de ses conséquences. Aussi faut-il regarder le Christ, l’unique en qui cette corruption n’a pas eu lieu, pour comprendre ce qu’est l’homme selon le dessein divin. L’homme, c’est ce que Dieu est devenu. Qui et quelle chose est l’homme ? Qui et quelle chose est Dieu ? Nous le savons par le Christ. Aussi peut-on se demander quelle conséquence sur la définition de l’homme a l’application au Christ de l’expression « Image parfaite ». En quoi permettrait-elle de mieux penser l’homme ?

En outre, remarquons l’expression nouvelle utilisée par le Concile Vatican II, lorsque dans la Constitution dogmatique Gaudium et spes n°22[2], il est dit du Christ qu’il « est l’homme parfait ». « Homme parfait » et pas seulement « parfait homme ». Cela signifie que le Christ n’est pas seulement entièrement (parfaitement) homme de par l’union hypostatique, mais qu’il est la plénitude de l’humanité. C’est un pas en avant de la théologie. Le Christ est l’homme parfait en tant qu’il est la mesure de l’homme, le critère de l’humanité. Et c’est pourquoi il manifeste l’homme à lui-même.

Pourrait-on rapprocher l’expression « Homme parfait » de celle d’« Image parfaite » ? Du point de vue christologique mais aussi du point de vue anthropologique.

Quelle conséquence pour la notion même d’image par rapport à la manière dont elle était conçue dans l’antiquité ?

On pourra d’abord essayer de repérer comment tel ou tel Père de l’Eglise use de l’expression « image parfaite » que ce soit en Orient ou en Occident.

On pourra ensuite étudier le contexte théologique de l’emploi de cette expression. Inclut-il le passage de la christologie à l’anthropologie ?

 

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Séances 2017-2018 (dans la salle de documentation des Sources Chrétiennes)

20 octobre, 1er décembre, 12 janvier, 9 mars, 4 mai, 15 juin de 14h30-16h30.

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Séances déjà tenues :

Vendredi 24 octobre 2014 : Séance introductive de lancement du laboratoire

Vendredi 30 janvier 2015 :

  • Paul Mattei : L'exégèse qu'Augustin donne de Jn 14, 9 en Tract. in Ioh. 70 (§ 2-3).
  • Philippe Dockwiller : Saint Thomas d’Aquin : Défrichage de l’usage des Pères chez quelqu’un qui spécule beaucoup et qui organise une christologie basé sur l’Image et le Verbe et la réalisation parfaite des images y compris du point de vue des vertus.

Vendredi 5 juin 2015

  • Bernard Meunier : Aparalaktos : historique du terme et de ses transformations dans ses commencements (avant le IVème siècle).
  • Guillaume Bady : L'humanité comme image et preuve de la divinité du Christ.

Vendredi 6 novembre 2015

  • Jean Reynard : La philosophie de l’image chez les néoplatoniciens et chez les Pères Cappadociens

Vendredi 29 janvier 2016

  • Bernard Meunier : séance de reprise et de synthèse.

Vendredi 1er avril 2016

  • Elie Ayroulet : La notion d’image parfaite chez Maxime le Confesseur.

Vendredi 20 janvier 2017

  • Laurence Mellerin : Relectures cisterciennes de la théologie augustinienne de l’image.

Vendredi 17 mars 2017

  • Emilie Escure-Delpeuch : L’image parfaite chez Ephrem de Nisibe.
  • Dominique Gonnet : L’image parfaite chez Jacques de Saroug.

Vendredi 12 mai 2017

  • Reprise et synthèse des travaux de recherche accomplis.


[1] A ce sujet, on se rapportera avec grand bénéfice à l’étude de R. Cantalamessa, « Cristo ‘Immagine di Dio’, le tradizione patristiche su Col 1, 15 » dansDal kerygma al dogma. Studi sulla cristologia dei Padri(« Studia Patristica mediolanensia » 26), Milano, 2006, pp. 153-214.

[2] « En réalité, le mystère de l’homme ne s’éclaire vraiment que dans le mystère du Verbe Incarné. Adam, en effet, le premier homme, était la figure de Celui qui devait venir, le Christ Seigneur. Nouvel Adam, le Christ, dans la révélation même du mystère du Père et de son amour, manifeste pleinement l’homme à lui-même et lui découvre la sublimité de sa vocation. Il n’est donc pas surprenant que les vérités ci-dessus trouvent en Lui leur source et atteignent en Lui leur point culminant. »

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